Mais cette initiative suscite déjà des réactions partagées dans le paysage sportif guinéen. Pour certains, comme le journaliste David Tchopnn Bangoura, l’argument utilisé par la Guinée en lien avec un changement de numéro de maillot ne justifie en rien une disqualification.
« L’histoire du numéro de maillot ne devrait pas être un motif suffisant pour disqualifier un pays. C’est vrai, le joueur tanzanien a évolué avec le numéro 26 alors qu’il était initialement inscrit avec le 22 ou le 24. Mais il a bien été identifié, et il a joué pour la Tanzanie. », explique-t-il.
Il insiste également sur les confusions récurrentes autour des règlements des compétitions de la CAF :
« Beaucoup font l’amalgame entre les règles des éliminatoires et celles de la phase finale de la CAN. Lors des éliminatoires, la liste peut être modifiée d’un match à l’autre. En revanche, pendant la phase finale, elle est arrêtée avant le début du tournoi et ne peut être modifiée qu’en cas de blessure, après le premier match. Ce sont deux contextes totalement différents, et beaucoup de comparaisons faites en Guinée n’ont pas lieu d’être. »
De son côté, Mohamed Lamine Touré, autre voix bien connue du journalisme sportif guinéen, soutient le recours de la Feguifoot, mais appelle à la lucidité :
« Pour le respect des règlements, la Guinée ne doit pas abandonner cette affaire. Si elle est dans son droit, elle doit aller jusqu’au TAS. Mais il faut aussi prendre en compte le facteur temps. Les éliminatoires sont terminés, le tirage a eu lieu, la Tanzanie est déjà dans une poule et elle se prépare. »
Il alerte également sur les risques liés à l’acharnement dans une bataille juridique incertaine :
« La Guinée devrait peut-être réorienter ses efforts – matériels et financiers – vers d’autres priorités, comme le recrutement d’un nouvel entraîneur. Ce n’est pas qu’on a tort dans ce dossier, mais il sera très, très difficile d’obtenir gain de cause à ce stade. »
En attendant la décision définitive du TAS, la Feguifoot s’accroche à ce dernier recours, dans l’espoir mince mais réel de faire réintégrer la Guinée à la CAN 2025. Mais au pays, les espoirs s’amenuisent et les appels à tourner la page se font de plus en plus entendre.


